BLOG CULTUREL
L'avocat de la terreur de Barbet Schroeder
Retour sur Jacques Vergès, célèbre avocat français qui s'est distingué en raison des clients qu'il a pu défendre.
Un homme qui n'a pas pour vocation première d'être avocat, il commence des études de Lettres puis s'oriente alors vers le droit et passe rapidement son certificat. Il est important de dire qu'il est né d'une mère vietnamienne et d'un père réunionnais, il est né »colonisé » comme on peut l'entendre dans le film. Il a cette révolte en lui depuis le départ. Il trouve dans la défense des opprimés, des peuples et de leur représentant le moyen de vivre sa propre révolte, son combat.
Tout commence avec le procès de Djamila Boujired qu'il perd mais il fera tout pour que le Monde prenne la juste mesure de cette femme, la grâce qui intervient i voit sa sentence.
Ils se marieront mais cela ne durera pas très longtemps, il va disparaître aux yeux des autorités, de ses proches pendant 8 années ; si une large majorité pense qu'il était au Cambodge rien n'est établi avec certitude.
Il revient alors en France et se voit confié quelques procès retentissant tels que Annis Naccache, Carlos, ? Il semble assez lié avec la bande de Carlos et plus particulièrement avec Magdalena Kopp qu'il défendra suite à son arrestation préalable à la tentative d'attentat qu'elle était entrain de préparer à Paris. Suite à cette arrestation et aux fuites du gouvernement sur cette affaire, une série d'attentats sont perpétrés sur le sol français. Il faudra attendre sa libération pour que ceux-ci cessent ; il en sera de même avec Naccache allié à l'Iran.
Un documentaire qui montre à travers Vergès un peu de la lutte de ses peuples, de ses fractions, de ses hommes et femmes pour plus de liberté et si pour les uns il s'agit de terroristes parfois à juste titre, dans d'autres cas, il s'agit de « représentants » de peuples qui souhaitent la Liberté.
Ensuite, on ne comprend pas vraiment pourquoi il défend des hommes tels que Barbie ! Malgré les explications données, le sens manque. Cela n'a strictement rien à voir la « philosophie » de départ. Peut être, sans doute n'y avait-il pas de philosophie de départ mais plus une conjonction de rencontres, de réseaux qui ont permis à Jacques Vergès de jouer ce rôle. Une fois que cette période est tombée, les enjeux deviennent différents.
Et puis l'on voit mal le pourquoi du comment avec la ribambelle de personnes qu'il a pu défendre mais qui ne sont pas forcément très recommandables?
Néanmoins, un documentaire assez intéressant
Vivre pour vivre de Lelouch (7/10)
Un beau film de 1967, assez lent quand même et avec peu de dialogues mais assez beau.
L'histoire est tout simple :un journaliste, Yves Montand trompe sa femme (Annie Girardot) mais l'aime. La dernière amante (Candice Bergen) le presse de se séparer. Une nouvelle vie pourrait commencer.
Une histoire de moeurs ma fois assez banale si l'on ne retrouvait pas face à face ces trois grands acteurs. Un Yves montant, photographe reporter assez tourmenté part ces aventures d'autant plus qu'il aime toujours sa femme. Une Annie Girardot qui a encore les cheveux long, que je ne rappelai pas avoir connu en ces termes mais l'on reconnait cette voix si particulière et puis cette présence qui la caractérise si bien. En face la sublime Candice Bergen qui de ses 20 et quelques printemps rayonne de manière sublime.
Sur fond de mors, de colonisés, de guerre du Vietnam, de reportage auprès des mercenaires qui s'entraînent en Afrique, une époque marquante à maints égards.
Souvenirs de la Cour d'Assises par André Gide (7,5/10)
Andre Gide est juré à la Cour d'assises de Rouen en 1912, pendant douze jours, du 13 au 25 mai 1912.
Une aventure dans laquelle il nous entraîne, il nous raconte d'une manière singulière son expérience des tribunaux et DES jurys populaires qui sont amenés a se prononcer sur des affaires criminelles, de moeurs, d'infanticides, de vols voire de meurtres.
Il s'attelle à donner une description assez précise des personnes qui doivent être jugés ce qui donne déjà un avant-goût de la sentence... l'un a le regard sournois, l'autre a un air patibulaire alors que son compagnon a l'air plus affable... On a le sentiment évident que la justice n'est pas des plus équitable et on est effaré devant l'ignorance, les préjuges, l'influences des jurés...
Et ce, d'autant plus que l'on se trouve en Cour d'assises, ce n'est pas rien.
Vous me direz on est en 1912? quand même, combien d'innocents on eu à subir les frasques des jurés ou avoir été condamnés de façon outrancière à des peines plus sévères que nécessaire, enfin c'est ce qui ressort de cette lecture en tout cas. C'est surtout triste de lire ces quelques pages, récit en retrait d'un des jurés sur la condition de ses « collègues » du moment et surtout sur l'aveuglement qui s'en suit. Ils ne sont pas méchants, loin de là mais tout simplement incompétent et trop influençable, sans recul. Un peu une caricature que de rendre la justice dans ces conditions.
Pour plus d'informations sur la Cour d'assises, rendez-vous sur Archive 13 par exemple ou sur Vie publique. Et puis, pour ceux qui sont intéressés, lisez le mémoire intitulé Jury de Cour d'assises : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/rapports/jury-Maggio08.pdf
The fighter par David O. Russel (7,5/10)
Une histoire de boxe, une histoire vraie, c'est cela qui est assez fou dans cette histoire. Et puis aussi une sorte de famille mais surtout celle de deux frères.
L'un des deux frères n'est autre que le très bon Christian Bale. Il est complètement transformé, il a une présence dans le film, quelque chose d'assez exceptionnel ; il est le grand frère celui par lequel il arrivé à la boxe, son frère a eu son heure de gloire, il s'est battu contre un grand : Sugar Ray Leonard.
Depuis, c'est un peu la déchéance, il entraîne bien son frère mais est complètement shooté au crack, se cache de sa famille. Une famille, plutôt un clan avec la mère au centre et les s?urs, des sortes de mégères assez effrayantes et puis il y a Mark Wahlberg, le petit frère qui lui a un excellent gauche mais qui n'a pas eu de chances dans ces derniers combats.
Tout peut changer avec une nouvelle offre, une nouvelle copine aussi et puis la libération de cette famille?.
Je m'arrêterai là pour que vous puissiez découvrir cette histoire touchante qui navigue entre famille, fratrie, drogue, combat et volonté.
Encore une fois, la performance de Christian Bale est assez remarquable.
Le jour où nina simone acessé de chanter par Darina Al-joundi et Mohamed Kacimi
Petit opus qui a été monté en pièce, le livre de Darina Al-joundi et Mohamed Kacimi est avant tout une autobiographie du Liban des 30 dernières années.
Évidement, il ne se veut pas exhaustif de la situation politique mais adopte le point de vue de celle qui a vécu cette période. De cette vie que vous pouvez mener sans vraiment connaître tous les tenants et aboutissants; ne sachant que le peu que l'on vous communique en période de guerre, de cette impossibilité de vivre réellement dans un monde tel que celui-là.
Un père syrien mais ayant aidé les palestiniens a trouvé refuge au Liban, avec sa famille et ses deux filles ils vivent une vie où la liberté est érigée en principe fondamental pour le père qui essaye de transmettre cela à ces filles, cela fonctionnera à l'extrême avec l'une d'entre elles pas avec l'autre qui sera attiré par la religion ?honnie?.
On repasse rapidement sur les évènements qui se sont succédés au Liban, le massacre de sabra et chatilah en septembre 82, l'invasion israélienne, la folie des phalangistes et la mort à chaque coin de rue. Lorsqu'il y a quelques années on discutait d'Israël avec des amis on en était venu à se dire qu'il était difficile de notre petit salon de nous projeter là-bas, la vie en tant de guerre n'est pas la vie, elle est un moment en dehors du temps où les gens arrivent parfois à survivre, ils se rendent compte lorsqu'ils sont ailleurs de cette difficulté.
C'est un peu de ça aussi qu'il est question dans ce roman, comment vivre et survivre dans un monde en explosion permanente. Darina le sait bien elle qui après avoir goûté sa première cigarette à 8 ans va essayer de vivre 1000 à l'heure, de toucher un peu à tout, de s'envoyer en l'air avec tout un chacun, probablement une question de volonté de vivre. Réaction à cette implosion permanente de la société dans laquelle elle vit.
Et cela se voit d'autant plus là-bas que les aspects culturels et le droit des femmes n'est pas le meilleur atout de celles-ci là-bas. Marié une fois, elle se rendra compte des possibles errances de l'Homme envers la femme tout comme l'épisode d'enfermement complètement hallucinant dont elle est victime, qu'elle subie pour apaiser la colère de la société civile et ne pas trop déranger. Le prix à payer pour la liberté de la femme est un très lourd tribut
Un roman à lire avec avidité, suivre dans les yeux d'une petite fille qui grandit la vie dans la guerre, la vie avec un père pour qui la liberté n'a pas de limite. Des situations politiques complexes à prendre en compte.
