BLOG CULTUREL
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois (8,5/10)
Voilà un film que je n'avais pas pu voir en son temps, la VOD offre maintenant rapidement cette possibilité. Et tant mieux.
Un film très beau, assez émouvant aussi. L'histoire de ces moines qui suivent la règle de saint benoit. Cela se passe entre 1990 et 1993, dans l'Atlas, en Algérie durant une période sombre pendant laquelle il est difficile de suivre la réalité politique des évènements.
Les attentats se multiplient dans la région, l'assassinat d'ouvriers croates marque le début de la terreur pour ces moines. Ils sont établis dans la région depuis longtemps, ils sont là dans le dénuement le plus total, leur mission est d'aider ces villageois qui sont les brebis d'un troupeau sans ressources. Un des prêtes est médecin, ils sont là pour soutenir cette population.
Lorsque Fattaya, un des leader d'un des groupes responsables des évènements dans la région veut investir le monastère, le père Christian s'interpose, c'est la nuit de Noël, celle de la naissance du Prince. La rencontre se passe mais les interrogations demeurent, ils vont revenir, la sécurité des moines n'est plus assurée, leur vie est en danger. Une réflexion interne de chacun doit se faire pour que chacun dans son for intérieur et avec l'appui ou le réconfort de Dieu choisisse quelle est a voie. Des dilemmes humains, des vies partagées entre une mission divine et une vie humaine.
La vie du monastère passe sans que les attaques extérieures ne perturbent trop les moines, la culture, la vente du miel, les repas en communauté, les lectures ; les chants et les célébrations, l'étude, les consultations de frère luc.
Des hommes libres qui font primer l'éthique et la conscience de soi en dehors de toute approche politique.
Basé sur des évènements qui ont eu lieu, l'enlèvement présumé par le GIA des moines de Tibéhirine et leur disparition en 1996, celle-ci restant toujours sans explication
Un très beau film à voir assurément
True grit des frères Coen (7/10)
Une nouvelle plongée dans le riche mondes des frères Coen. Un western, un genre que j'affectionne tout particulièrement et qui, c'est bien dommage n'est pas si présent ces dernières années quoique nous ayons pu quand même voir le très bon Brodebak moutain, l'assasinat de Jesse James par le lâche Robert Ford et il faut impérativement voir Dead Man de jin Jarmusch, véritable voyage initiatique avec un johnny depp au-delà des ombres...
ici, il s'agit d'une reprise d'un vieux western avec John wayne avec le même titre d'Henri Hattaway de 1969.
Aux commandes la petite Mattie Ross est ma foi est impressionnante du haut de ces 14 ans, d'une maturité quasi improbable, on dirait une véritable femme avant l'âge, elle a le don de dire les choses et l'on ne souhaiterait pas l'avoir en face.
Elle a une seule idée, venger son père qui a lâchement été abattu par un autre homme dont elle connaît le nom : Tom Chaney. Elle va embaucher un vieux marshal assez alcoolisé pour effectuer ce travail. Ce n'est autre que Jeff Bridges qui avec son air débonnaire, ses instants perdus nous donne à voir un personnage haut en couleur ; ils seront accompagnés dans leur périple d'un texas ranger (Matt Damon transformé) qui recherche le bougre d'homme depuis lui aussi quelques temps mais qui souhaiterait le ramener au texas pour toucher la prime ce que ne veut pas Mattie.
Une embardée sauvage donc avec 2 hommes et une petite fille pour débusquer des cow-boys hors la loi dans l'ouest sauvage qui ne laisse aucune échappatoire
Ma foi, un petit film qui se laisse voir bien agréablement
Cranach au musée du Luxembourg
Une rétrospective de Cranach pour le réouverture du Musée du Luxembourg qui on l'espère aura une gestion plus transparente.
Lucien Cranach, un grand maître hollandais peu connu au final, contemporain de Durer, Altdorfer, Grünewald et Bosch. Plus de 1000 toiles sont sorties de son atelier. L'influence de Durer sur son travail est évidente mais là où Durer ne compte que 70 toiles d'une précision, d'une profondeur et d'une complexité impressionnante Cranach opte pour la simplicité des formes ; une simplicité qu'il ne faut pas voir comme péjorative, au contraire, c'est une autre manière de représenter les choses qui lui convient le mieux.
Un peintre fidèle a ses différents protecteurs et cela tout au long de sa vie qui le voit dépasser les 80 ans. Des fils dont l'un mourra, le désespoir de Cranach sera à la mesure du brillant avenir de son fils perdu, un autre fils qui reprendra l'atelier.
Des thèmes récurrents qui reviennent dans l'?uvre du peintre : Judith, Adam et Eve, le martyr de saint Catherine, des nus, des reproductions faite à partir de tableaux existant mais vu avec un autre ?il. Cranach est un peintre bourgeois qui aura dès 1506 ses armoiries, on les retrouve sur les tableaux.
Les tableaux quand à eux permettent de voir différents portraits où la finesse des traits et de la composition donnent à penser à la fois à des influences multiples et à une style propre. On regrettera la disparition du portrait du Titien qu'il fit au crépuscule de sa vie, on y retrouve des traits de Rembrandt, une beauté envoutante tout comme ce portrait de Marguerite d'Autriche, la finesse des traits et le calme qui en ressorte sont assez impressionnant.
Les épisodes relatifs à la religion sont très présent dans son ?uvre et dans l'exposition : le martyre de saint Catherine de cette femme qui a tenu tête à une centaine de philosophe, qui fut condamnée à être dépecée par une machine barbare que Dieu détruisit et qui finalement se fera trancher la tête, un épisode d'une rare violence que l'on retrouve très bien vu dans cette toile qui prend exemple sur une gravure de Durer. D'autres épisodes sont également représentés telle cette vision de trois quart de Jésus sur la croix et de Marie à ses pieds, une première que cet angle de vue adopté par Cranach. Des épisodes tels que la réception des tables de la Loi par Moïse, le retour de la vierge d'Egypte, l'éducation de la vierge, ?. Où l'on voit celle-ci entourée des anges dans des scènes de villégiature. Dans les scènes qu'il peint ma foi il y a un fond de Bosch pour moi pour les bleus utilisés, les collines qui pointent dans l'arrière plan et un je ne sais quoi de fantastique dans les compositions.
C'est ça avant tout qui marque avec Cranach, cette facilité déconcertante qui vient de ses visages, de ses compositions ; on a l'impression qu'il vient d'une autre époque, d'un autre temps alors que l'on est en 1500 et quelques, il y a près de 500 ans. Admirez la finesse des traits, de la composition, bien des contemporains se damneraient pour arriver à cette magnificence.
Dans les séries, il ne faut évidemment pas oublier Adam et Eve que Cranach peint à plusieurs reprises en s'inspirant encore de Durer mais les représentations évolues, la finesse des traits également pour nous donner à voir le sublime, l'homme et la femme d'avant la chute/libération, le moment où tout bascule, où nous devenons humains « Alors le serpent dit à la femme « Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serrez comme des dieux? « (Genèse III, 4-5)
Il y a également une toile sur Salomé avec la tête de Saint Jean Baptiste, elle est splendide endimanché dans une robe aux tons pourpres, une symbolique important pour les protestants persécutés.
Le nuage noir de la mélancolie inspiré très librement de Melancolia de Durer est assez impressionnant comme tableau ; on se doute que les surréalistes devaient être subjugués par ce tableau dont la composition semble venir d'un temps autre. Une sorte de boite géométrique aux murs sobres et dans le fond des sorcières qui chevauchent des animaux étranges, presque les 4 cavaliers de l'apocalypse, construction géométrique aux antipodes de celle de Durer en tout cas. Un très beau tableau en abyme.
Vous pourrez également admirez quelques très belles gravures sur cuivre comme la série avec Saint Georges et le Dragon, une finesse des traits et de la composition qui est assez exceptionnelle, on se projette assez rapidement dans cet univers tout comme la très belle gravure de Saint Christophe
Quelques nus également dont l'allégorie de la justice, une beauté diaphane tien dans une main la balance, symbole évident de l'équilibre et l'épée, son regard se perd droit devant, elle est impartiale et belle ; il ya également une série de petites icônes sur des allégories et vous retrouverez en grandeur nature l'allégorie de la charité en deux tableaux assez différents même si le second semble plus fin, plus absolu. Enfin quelques nus tels la nymphe de la source, le jugement de paris qui auront du succès et surtout la très belle série de Lucrèce, cette pointe, ce regard. Et puis je vous laisse découvrir quelques unes des autres découvertes de cette très belle exposition.
Plongez dans l'exposition Cranach au Musée du Luxembourg et pour ceux qui ont un Iphone, une application audio-guide est disponible ; si vous avez l'occasion, il y a également différentes publications qui sont sorties sur l'exposition dont un Hors-série du Figaro ma foi assez bien fait qui permet de découvrir à la fois les ?uvres mais qui donne aussi une bonne idée de Cranach dans son époque, de ses relations privilégiés avec Luther,? autant d'éléments qui peuvent être intéressant de connaître avant d'aller voir cette belle exposition.
Vous pouvez voire/lire : La chair et l'esprit, N'y allez pas pour les nus,
Enfin vous ne manquerez pas de visiter le site les trois grâces, un tableau de Lucas Cranch qui entre au Louvre grâce aux généreuses donations
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard - 75006 Paris
Tél. : 01 40 13 62 00
Lynn Davis à la galerie Karsten Greve
La photographe Lynn Davis est de retour à Paris à la galerie Karsten Greve avec une nouvelle série. Cela faisait maintenant un petit temps que l'on attendait sa venue. Le format carré manquait, la grandeur et la puissance des photographies, des objets/situations figés dont le secret est du domaine de la photographe américaine. Elle revient aujourd'hui avec une exposition sur les chutes d'eau, en partie du moins, la force brute des éléments qui se déchaînent devant l'impuissance humaine, seule l'admiration est de mise du côté humain ; elle se ballade et nous ramènes ces images.
Pour avoir vu trois grandes chutes, celle du Niagara au canada, celle d'Iguaçu à la frontière du brésil et de l'argentine et les chutes angels au milieu de la jungle vénézuélienne, ces images parlent. Pour la dernière chute, les chutes angels tombent de près de 1000 mètres de haut, vous êtes à 2 km de la chute elle-même et déjà les embruns et le souffle vous envahissent, vous avez l'impression que l'eau tombe du ciel, qu'elle vient de nulle part, impression étonnante que je ne peux que vous conseiller de ressentir.
Dans l'exposition aussi, dans les salles du fond, des photographies saisissantes de par leur force brute, des cotes découpées à la manière d'ancienne muraille taillée par des géants des temps anciens, des « façades », mur sans fin qui donnent des impressions de mondes étranges. Au milieu de une photographie assez sombre, vous verrez vous ne pourrez pas la manquer, elle s'impose tel un monolithe forgé d'une seule pièce indestructible
En somme, vous l'aurez compris, si vous appréciez la force de la nature et de l'eau, voyez les chutes sous un autre angle et puis découvriez d'autres photographies de la photographe
Voir et revoir les différentes et splendides séries de Lynn Davis
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme - 75003 Paris
Tel : +33-(0)1-42 77 19 37
Fautes de preuves d'Harlan Coben
Le dernier opus d'Harlan Coben vous permet de vous plonger dans un petit polar ma foi pas mal du tout. Attention rien d'exceptionnel non plus mais je dois dire que j'ai préféré celui-ci à son dernier Sans un mot.
Un sujet qui brûle, la pédophilie avec ses un possible prédateur sexuel, il ne faut que cela aujourd'hui pour déchaîner les foudres des médias et de la société; la présomption d'innocence n'existe pas. C'est Dan Mercer qui fera les frais de Wendy Tines mére célibataire avec un adolescent dans les pattes. A cela s'ajoute la disparition d'Haley McWaid, une jeune fille de 17 ans, où est elle passée, les recherches battent leur plein mais sans succès.
A cela il faut ajouter un ancien marshall qui aimerait faire justice lui-même, peut être est-ce déjà le cas d'ailleurs, il est défendu par un juge ultra connu. De l'autre côté, Haley Mc waid découvre d'autres pans de l'histoire, des ramifications inattendues; elle fait la découverte d'un groupe qui tourne autour de Phil, un ancien d ela finance au chômage. Et puis de fil en aiguille, le passé remonte et Princeton surgit dans cet imbroglio.
Entre traques sur Internet, délinquance sexuelle, relations par le net, red bull party masqué, vengeance d'antan, un bon cocktail pour vous faire passer un moment agréable
A vous maintenant
