BLOG CULTUREL
Basquiat à la galerie Pascal Lansberg (8/10)
Si vous n'avez pas pu rentrer au musée d'art moderne de la ville de Paris où si vous n'avez pas voulu faire la queue ou si vous avez pu voir l'exposition, eh bien n'hésitez pas, plus, allez également faire un tour à la galerie Pascal Landsberg qui présente quelques très belles ?uvres de Basquiat
Quand on ne connaît pas l'artiste sauf à avoir vu ou lu quelques articles, ce qui frappe en première approche, ce sont les couleurs, cette luxuriance de vie colorée qui se dégage des toiles. Cette spontanéité des « enfants » qui marient les couleurs de manière exquise tout en étant parfois légèrement acidulés, un bonheur de composition.
Ajouté à cela les formes abstraites proches de certains dessins d'enfances et voilà que des toiles d'un artiste contemporain, jeune et avant-gardiste avant d'autres touche au plus profond.
On se retrouve dans ces années passées, à essayer de revivre certains moments, certaines sensations en attendant de voir la rétrospective...
L'exposition est en place jusqu'au 4 décembre prochain
Retrouvez le catalogue de l'exposition sur ISSUU
36 rue de seine - 75006 Paris
L'engrenage de Fatih Akin 6,5/10
Dernier opus de ce coffret magique de ce réalisateur turco-allemand avec lequel on se sent bien, ce n'est pas forcément extraordinaire mais il y a dans chaque film un réalisme qui fait peur.
L'engrenage, c'est l'histoire d'une amitié, celle de Costa un grec, de Gabriel turc et qui vient de sortir de prison et de Bobby, un serbe. Le multiculturalisme par excellence, une union des différences. Des amis de la rue, du coin qui se retrouvent avec la sortie de prison de Gabriel ; le courant s'électrifie avec la meilleure amie de la s?ur de Gabriel mais qui est la petite amie de Bobby. Pour Costa, le temps n'a rien changé, il est toujours dans les larcins et Ceyda commence a en avoir assez? Quand a Bobby, il essaye de fricoter avec la mafia albanaise ce qui n'est pas du goût de tous...
Le drame est là, latent, on attend seulement qu'il arrive...
Archaos à l'espace chapiteaux du parc de la villette (6/10)
Archaos & l'école du cirque de Rio, un spectacle qui sur le papier ma foi semblait intéressant mais qui se révèle sans réelle envergure lors de la représentation. S'il y a bien un moment pour rêver, c'est le cirque et ses artistes aux multiples facettes, j'en attendais beaucoup plus et je n'avais pas envie de voir un spectacle moyen.
Lorsque l'on se plonge dans le petit livret distribué, In vitro 09, nouvelle création de Carrara ne manque pas d'interpeller par les thèmes abordés. La réalité est moins ambitieuse et réussie que l'on pourrait l'imaginer.Un jeune homme en roller s'interroge sur un ?uf. Viennent alors de artistes en cages, représentant un volatile à plume, elles font un numéro de corde en apesanteur. Rien d'exceptionnel, lorsque l'une d'entre elle se met au cercle suspendu, le corps se démultiplie et s'enlace de manière réjouissante mais on ne sait jamais si elle tombe exprès ou pas. Les hommes-moutons suivent et vont se focaliser sur le mas et faire quelques numéros pas trop mal effectivement mais encore une fois rien d'exceptionnel. La femme aux deux fils n'a rien de très original même si l'idée est bonne ; lorsqu'on la retrouve sur une corde unique, elle manque de poésie et de finesse. L'homme au ruban est musculairement impressionnant mais encore une fois cela manque d'aura et de subtilité tout autant que l'homme un peu l'homme au miroir qui certes est assez souple mais qui n'impressionne pas vraiment non plus. Avant dernier mouvement, de la jonglerie avec 3, 4, 5 et 6 balles mais le propos n'est pas très clair, on ne sait pas trop quand il y a plantage ou numéro, le seul moment marquant étant le jonglage dans l'arrière du dos.On est assez loin du slogan du départ qui était « cirque de caractère » ; cette recréation de In vitro en 2009 dix ans après la première mouture est finalement assez raté et la parodie de la condition de l'artiste annoncée n'est pas au rendez-vous, loin de là et s'il est vrai que « l'artiste de cirque n'est pas un gladiateur que l'on sacrifie et remplace au jour le jour par une créature plus compétitive sortie du « laboratoire », il n'en demeure pas moins que l'on attend de lui d'être un peu exceptionnel? Le laboratoire que l'on nous montre ici a bien pâle figure et les combinaisons génétiques qu'il a créées ne sont pas des plus réussies, c'est le moins que l'on puisse dire?Bon voilà, un spectacle qui ma foi n'est pas mauvais mais qui n'a rien d'exceptionnel, extravaguant, encourageant, donc je ne vous le conseille pas spécialement.N'emmenez pas vos enfants, ils seraient à mon avis assez déçu?
Les kiosquiers de Paris à l'honneur de Pierre Anthony-Allard à l'Hôtel Pullman.
Les kiosquiers de Paris à l'honneur, une exposition qui est en place à l'Hôtel Pullman.
C'est vrai quand on y pense, un peu à l'instar de l'exposition rétrospective qui avait eu lieu il y a peu à la Fondation Henri cartier Bresson sur les clichés d'irving penn sur les petits métiers. des métiers qui ont disparu aujourd'hui... Là avec les kiosquiers de Paris, c'est la presse et les changements et pratiques culturelles qui sont en cause. Avec l'avancée des technologies, d'Internet à l'Ipad en passant par l'Iphone et autres nouveautés, c'est la presse et son visage qui se modifie.
La disparition de la presse en elle-même n'est pas la question principale ici mais bien la disparition d'un métier : les vendeurs de journaux. La disparition d'un mode de diffusion qui caractérise une partie de Paris, des hommes, des femmes, qui chaque matin, chaque heure de la journée sont là à vous attendre au coin de la rue pour vous vendre votre quotidien, votre hebdomadaire, votre revue préférée.
Bientôt ils ne seront plus et c'est là que le photographe Pierre Anthony-Allard intervient avec cette rétrospective sur un métier qui l'avenir nous le dira a des chances de disparaître dans les prochaines années.
Un bel hommage en tout cas à voir jusqu'au 31 janvier 2011
Hôtel Pullman
8-12 rue Louis Armand - 75015 Paris
Massimo Vitali, Matthias Olmeta et Nicolas Dhervillers à la galerie Agnes B
Toujours agréable d'aller faire un tour à la galerie Agnès B, on y retrouve quelques artistes comme Massimo Vitali avec une série sur les plages, on avait vu cela l'année dernière à Paris photo.
Des plages d'Italie de Bari et d'ailleurs qui sont surpeuplés, l'eau, le bleu divin de certaines criques, la transparence et l'effacement du ciel qui se confond, les gens, souvent amassés, collés presque sur certaines photographies, les hommes essayant de domestiquer les abords de certains lieux donne un sentiment bizarre presque de fausseté. Quête de soleil et d'eau, l'on pourrait un peu résumer cela de cette manière.
"le fantasme de s'échapper des restrictions sociales et économiques dans les espaces libidineux d'une « nature » perçue comme lieu d'une sociabilité spontanée".
A côté, une série de photographies de Nicolas Dhervillers qui nous plonges dans l'irréel, des peintures de scènes champêtres, un peu le pendant de Gregory Crewdson avec son côté urbain transposé tout en étant différent aussi. Il n'empêche, des bois, de la nature et puis un homme, une femme que ?on retrouve perdu ou qui attende un évènement, l'un pèche, l'autre est parti en ballade. Leur point commun est l'irréel, cette sensation de montage, de création abstraite d'une scène réelle, retransposée qui semble fausses mais qui sont réelles au final. Un sentiment de confusion vous étreint.
"Des touristes fraîchement débarqués de Miami Beach ou du Mexique, de Moscou ou de Vladivostok se retrouvent seuls au monde, déracinés. Un monde dont la cartographie nous échappe tant les repaires sont bouleversés, tant ce monde semble tout aussi invraisemblable que ces nouveaux habitants. Le ré-éclairage est ponctuel et inonde aussi bien certaines parties d'une nature devenant dénaturée, presque surnaturelle, que ces sujets dissimulés dans l'image. Le genre d'image le plus répandu sur le web est sans conteste la photo voyage en famille, c?est imparable. J'ai ainsi procédé par un casting planétaire en « googolisant » les portraits de personnes en voyage à partir du moteur de recherche, en traquant l'image la plus banale qu'il soit. Décontextualisés, « mes » touristes visitent ces images, et donnent à réfléchir sur ce qu'ils sont par nature: aventurier ou spectateur. Ils ne sont sans doute pas préparés à entrer dans cette « zone » où tout est possible. Ils sont esclaves dans moment de pause, rescapés du système Internet par erreur, dans un univers entre la science-fiction et la sorcellerie, entre la peur et la foi".
Et puis ne manquez pas la série de portraits de Matthias Olmetaà l'entrée, ils sont tout simplement magnifiques, les yeux bleus « turquoise » d'un des portraits vous pénétrant de part en part de son regard d'airain.
"Réalisée en Ambrotypes (positif direct au collodion humide sur altuglass, procédé de Archer de 1851, ne donnant que des pièces uniques) la série « Les mystiques de l'immanence » déstabilise les habitudes du spectateur. Cette série de portraits de jeunes adolescents confronte le spectateur à sa crainte de l'autre comme étranger et différent de soi".
Par contre j'ai été beaucoup moins séduit par la série sur l'enfance de Luna Picoli -Truffaut qui n'a que peu d'intérêt
Allez vous faire une opinion
44 rue quincampoix 75004 paris
du mardi au samedi de 12h à 19h
Tél. 01 44 54 55 90
