BLOG CULTUREL
Le Casanova à Vitry sur Seine 7,5/10
Un néo-bistro dans une ville en pleine mutation, cela existe et c'est bien agréable que de redécouvrir au-delà de Paris un endroit où il fait bon de s'arrêter.
Ambiance italienne ou presque, un ancien bistrot où sincèrement il ne faisait pas bon de s'arrêter voire tout simplement d'entrer ; enfin la transformation à réussie, la greffe est elle aussi entrain de prendre afin de s'enraciner dans le quartier, charmant d'ailleurs; la belle saison arrivant, la terrasse permettant encore plus de profiter des belles journées.
Une décoration ou le bois est de rigueur avec quelques anciens paysages printaniers et un comptoir autour duquel déambule de manière fort sympathique le patron qui aime à converser, discuter et vous conseiller
Au programme un menu tout à fait raisonnable côté saveur et côté porte-monnaie, un duo que l'on aime bien; des plats qui oscillent autour des 14? et des desserts aux alentours de 6?, pas vraiment le coup de fusil. Cette fois ce fut donc une pièce de boucher avec ses pommes de terres grenailles et un gigot d'agneau au thym le tout accompagné d'un fameux pichet maison d'Ardèche qui e mariait subtilement à ces mets et comme desserts un tiramisu assez divin mais pas autant que la mousse de poire au gingembre...
Voilà, vous l'aurez compris, c'est maintenant à vous de jouer
Restaurant Le Casanova
57, avenue Danielle Casanova - Vitry-sur-Seine (94400)
Tel : +33 1 71 36 57 16
Ps: rien a voir avec le restaurant mais pour les amoureux de la littérature, une ?uvre critique de Jean?Christophe Igalens, Casanova en ses fictions à découvrir sur Fabula :http://www.fabula.org/revue/document6845.php
Piracema de Lia Rodrigues au Théâtre Jean-Vilar 3/10
Honnêtement je suis assez ouvert d'esprit et de corps pour aller faire quelques décuvertes musicales et dansantes s'il en est.Cependant, mes limites ont été atteintes Dimanche après-midi avec Piracema de Lia Rodrigues où la mise en scène de 11 danseurs qui devant un ensemble de spectateurs intrigués vont déambuler pendant près d'une heure; onze personnes qui vont danser chacun pour eux au sein d'un groupe, autant vous dire que l'effervescence de chaque individu ne vous permet pas de suivre les mouvements de manière continu, votre esprit sans cesse happé par d'autres mouvements sans fin, le sens se perd et les corps ne deviennent finalement qu'une masse informe qui oscille au son des corps et des mouvements.Seule note positive, la découverte d'une chanteuse brésilienne Nara Leao et cette très belle chanson qui termine la représentation Wave.Si la démarche est louable : ?la chorégraphe a choisi d'ancrer sa compagnie et son travail dans une favela de Rio, la Maré, et de s'associer à un projet social visant à créer un espace culturel dans le quartier, en se questionnant sur les liens à inventer entre l'art contemporain et la population.?, le résultat me semble très en deçà des idées sous-jacentes qui pourraient émerger de ce type de relations, d'échanges.... Penser la danse par theatrejeanvilar
La centrale d'Elisabeth Filhol
Écrit en 2010 bien avant les incidents qui ont eu lieu au Japon, la Centrale d'Elisabeth Filhol retrace la vie des invisibles, ces personnes qui sillonnent la France et ses sites nucléaires pour faire les opérations de maintenance nécessaires a leur bon fonctionnement.
Un sujet méconnu de beaucoup, moi le premier, celui de ses personnes sans statut qui errent de saison en saison, de centrale en centrale, de tranche en tranche avec le couperet du dépassement de la dose : ?Une seule obsession : « la gestion de la dose », comprendre « vingt millisieverts », la quantité maximale de radiations supportable par homme et par an.?
Une limite pour la sécurité de tout un chacun, les conséquences à long terme pour ses travailleurs de l'extrême ne sont pas abordées, on n'ose pas ou on ne veut pas savoir.
Et puis lorsque l'incident ce produit, aussi anodin qu'il puisse être, aussi banal qu'il soit, les conséquences se font directement ressentir, dans le corps, dans la tête, il n'y a pas d'autres issue que la simulation de l'incident et les effets que celui-ci peut avoir...
Un roman qui est écrit de manière quasi autobiographique, on ne doute pas que l'auteur ait eu des proches dans cette situation, on apprend que les sociétés prestataires se substituent à l'opérateur national, étatique avec les effets néfastes que cela peut avoir : productivité, niveau de formation et de suivi moindre. Il serait intelligent que ces personnes aient un statut, un emploi stable et reconnu; que l'état reprenne en main le domaine du nucléaire de manière à s'assurer que des catastrophes telles que Tchernobyl ou plus récemment Fukushima puissent être maîtrisées (si c'est encore possible).
Une plongée abyssinale dans le monde du nucléaire qui vous invite à réfléchir un tant soit peu aux conséquences de l'utilisation de cette énergie pas encore complètement maîtrisée par l'Homme.
Cirque du Vietnam, Lang Toi au Parc de la vilette (10/10)
Tout simplement magnifique, un mélange alliant à la fois beauté et simplicité.
L'histoire d'une journée dans un petit village vietnamien, on se lève avec les villageois et leurs tâches quotidiennes puis rapidement, emportés par la musique traditionnelle on se laisse happer par cet univers.
Un spectacle à trois facettes : la première est celle correspond aux artistes et à ses jeux de bambous qui vont rythmer tout le spectacle, virevoltant de toutes parts, une véritable sarabande sans fin qui voit les artistes courir en tout sens, assembler, bâtir, déconstruire des échafaudages de bambous sur lesquels de jeunes filles gracieuses évoluent presque en apesanteur.
La seconde, c'est la valse des bambous accompagne le numéro lui donnant une force, un rythme et un rendu chorégraphique; un spectacle pensé tout en enchaînements successifs qui privilégient la complémentarité des trois arts que sont le cirque et ses acrobaties, la danse et la musique. Tel un véritable orchestre vivant, les artistes évoluent
La troisième est cette musique traditionnelle qui nous accompagne durant le spectacle de manière subtile et fusionnelle, elle intègre chaque numéro, lui donne dans certains son tempo, ponctue celui-ci d'une note, ravive celui là d'une autre.
Une diversité florissante, une poétique et des images qui se forment, des bambous comme des vagues qui oscillent et une barque de bambou qui évoluent sur le fleuve, le le stravaux des champs, ? des jonglages avec presque rien mais qui donne à voir les choses autrement, une contorsionniste tout à fait impressionnante, sorte de fourmi qui évolue en arrière, la musique aidant sa progression, des acrobates qui virevoltent dans les hauteurs de la salle Charlie Parker, des panier comme objet d'échange et de jongle, des femmes au turban qui irraduie l'espace et la lumière qui enveloppe le tout, une beauté fulgurante.
En un mot, comme dirait S. c'est une plongée dans l'univers Zen, celui par exemple d'Herrigel et du Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc
C'est au Parc de la villette jusqu'au 23 juillet prochain, alors dépêchez-vous les places vont s'arracher...
Van Dongen au Musée d'art moderne de la ville de Paris (8/10)
Quelle splendeur, quel plaisir que de pouvoir admirer le travail de Kees Van Dongen de façon plus complète que les quelques tableaux, déjà très appréciés du Musée de l'Annonciade à Saint Tropez où il est toujours bon d'aller errer lors des grandes chaleurs et avant de prendre une glace chez Sénéquier...
Une exposition que ma foi je ne saurai que vous recommander vous qui ne connaissez pas où qui pas bien, voire évidemment ceux qui apprécie à sa juste valeur les talents du peintre fauve et anarchiste.
Van Dongen, un artiste hollandais qui a délibérément pris le parti, très tôt, de ne pas peindre les paysages, une façon de voir la vie autrement, de se démarquer des canons établis, le portrait et quels portraits, les couleurs aussi et la ville dans laquelle il traque la pauvreté, le dénuement, il est à Rotterdam et loin de son village.
Les peintures du début du 20ème siècle nous permettent de le voir se préoccuper de la rue, de la vie dans les rues et des cafés, des femmes de joies, la couleur est déjà là et les toiles sont des miroirs photographiques, des dessins colorés et vivant.
On s'arrêtera quelques instants que les toiles de Montmartre et du sacré coeur où la lumière envahit littéralement l'espace créant par là même des effets surnaturels, ou presque, la beauté tout simplement.
Vous apprécierez à sa juste mesure A la galette où l'on aperçoit cette dame aux chapeau colorée de mille tons et déjà ces yeux qui suivront ces femmes, ces contours renforcés et ce vert qui le suivra. On retrouve les peintures caractéristiques avec Fernande Olivier ou encore le terrible portrait de Daniel-Henry Kahnweiler qui donne froid dans le dos lorsque dans le même temps, l'on reste subjugué par la toile de Modjesko, chanteur soprano qui est tout simplement sublime tout comme d'ailleurs le portrait de la dame au chapeau rose où la mélancolie est au rendez-vous ou encore la femme Au doigt sur la joue. On est déjà en 1910...
Quelques scènes di'ntérieurs, un peu ?baroque? dans l'esprit ou du moins je me comprends et quelques toiles de commodes aux reflets de femmes
Je suis moins attiré par les femmes peintes lors de ses séjours au Maroc je me laisserai porté par La Vasque fleurie ou u encore Femmes à la balustrade qui pour ce dernier évoque un autre univers où les couleurs sont plus tamisés, la lumière moins fortes...
Ensuite, ce sont les années cocktail avec le portrait de Neptune, impressionnant dans toute sa splendeur végétale et à la suite les différents portraits de femmes, si belles, si hautaines pour certaines ou bourgeoises entourées de ce halo vert qui les rend si mystérieuse pour certaines telle Anna de Noailles Renée Maha ou encore Maria Ricotti et (années 20) sa rose fanée; on passe à la nuit avec le superbe tableau de l'écuyère en date de 1920
Vous l'aurez aisément compris, cette exposition est d'une beauté transcendante et vous passerez en compagnie de Kees Van Dongen , un de ces moments qui vous laissera un souvenir persistant
C'est au Musée d'art moderne de la ville de Paris et c'est encore en place jusqu'au 17 juillet, hatez-vous, il n'y a pas trop de monde ce qui permet une navigation des plus agréable ce qui n'est pas un luxe....
