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Le musée des arts-forains

Un lieu qu'il est bon de découvrir en ces temps de fraîcheur hivernale, cela va bien avec l'ambiance de fête qui est là entre Noël et jour de l'an.

Nous voici donc parti à la découverte de ce lieu ouvert de manière exceptionnelle entre le 20 décembre et le 02 janvier : "Jean-Paul Favand, collectionneur et metteur en scène des lieux, a décidé d'ouvrir à tous pour Noël son musée vivant abritant l'une des plus importante collection privée d'art forain et d'objets des autres formes du spectacle, afin que le public puisse retrouver un peu de la magie d'antan".

Une plongée dans le temps donc pour les grands mais surtout pour les petits, l'entrée n'est pas gratuite malheureusement, 10? mais cela vous permet de bénéficier de 2 attractions gratuites et d'assister à tous les spectacles qui sont donnés à l'intérieur du théâtre du merveilleux et dans les salons vénitiens. Pour l'heure, nous avons pu bénéficier d'une splendide démonstration aérienne au turban suivi par la valse des automates.

Pour info, Le Théâtre du Merveilleux désigne "la forme de spectacle qui avait cours à Paris entre 1800 et 1840"

Plongé dans le noir ou presque, les trois espaces que sont le théâtre du merveilleux, le musée des arts-forains et les salons vénitiens permettent aux visiteurs de voir d'anciens objet d'art forains dont on voit aujourd'hui aisément les successeurs, la plupart sont en bois, leur donnant ainsi une finesse et un vécu tout particulier. Les enfants peuvent jouer à la course de chevaux et à la course des garçons de café, aux palettes, à la balançoire, aux manèges qui sont remis en marche pendant cette période.

Un autre manière de faire découvrir le cirque et pourquoi pas aller faire un tour chez Pinder, Gruss, Phoenix, Eloize ensuite pour continuer sur un peu de merveilleux

Donc pour les amateurs, c'est ouvert uniquement jusqu'au 2 janvier prochain de 10h à 18h et il faut compter 2 bonnes heures si vous voulez en profiter un tant soit peu.

Le théâtre du merveilleux et le musée des arts-forains


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Apprendre à prier à l'heure de la technique de Gonçalo M. Tavares

Lire étonnant s'il en est qui nous raconte l'histoire d'un homme, d'une fratrie, d'une famille, de sa famille, de la politique.

Le docteur Lenz Buchmann a une main en or ; c'est elle qui lui donne cette force et qui a fat sa renommée dans le monde de la chirurgie. Le Dr Lenz Buchmann a un frère, un aîné avec lequel ils ont peu de points en commun, c'est lui l'héritier de son père, du militaire qui l'a fait, qui l'a construit par morceau de phrases.
Son frère est malade, il n'est bientôt plus, les malades de ce type sont toujours en rémission.

Lenz Buchmann est maintenant seul, il est devenu l'héritier, celui par qui toute l'histoire de la famille doit avancer, sa bibliothèque est reconstituée, il est  à nouveau UN.
Il va abandonner la chirurgie pour se lancer dans la politique avec un succès certain, il devient très vite le numéro 2 du parti, il apprend vite. Sa détermination est à toute épreuve et son comportement méthodique; il s'est fixé un but qu'il va atteindre. C'est une évidence même, il n'est pas sympathique, froid même, il ne vous plaît pas mais il sait faire semblant.

Sa secrétaire est la fille d'un soldat que son père a tué à la guerre, le destin est étrange, il voit cela comme un signe. Sa femme et un clochard meurent dans une tragédie sans nom, la sympathie de tout un chacun va à cet homme touché par le malheur. Les portes du pouvoir son là mais à deux pas du pouvoir il apprend qu'il est lui aussi malade, un étrange sentiment qui le voit complètement décliner. Elle a un frère, muet et sourd de naissance, une étrange relation va naître entre eux puis entre lui, cette secrétaire/infirmière et cet homme diminué jusqu'à la fin.

Une étrange construction que celle de ce roman qui si elle est linéaire n'empreinte pas moins quelques détours, retours en arrière, une contextualisation certaine, des raccords nécessaires et bien vus ; un style tout à soi et d'une limpidité chirurgicale, une logique implacable, une ligne de conduite qui ne fait pas dans le détail, une analyse psychologique essentielle tout autant qu'une gestuelle

"Ce qui le fascinait chez les gens étranges, c'était l'absolue liberté avec laquelle ils faisaient leurs choix individuels. Chez le fou ou le mendiant qui erraient dans les rues en demandant du pain, Buchmann voyait des hommes pouvant choisir, avec une liberté pure et sans conséquences, leur morale individuelle. Une morale à nulle autre pareille, sans équivalent aucun.

Un fou n'était pas immoral, un mendiant non plus. C'étaient des individus sans égal, de même qu'un roi n'a pas de pair, n'a personne à ses côtés.

Buchmann regardait avec admiration ces hommes qui avaient dans leur poche un système juridique unique, avec leur nom à la fin. D'une certaine manière, c'était cela que Buchmann dédirait : être le héraut d'un système légal dont les lois ne s'appliqueraient qu'à lui, d'une morale qui ne serait ni celle du monde civilisé ni celle du monde primitif, qui ne serait pas la morale de la cité ni même celle de sa famille, mais une morale qui porterait son nom, rien que son nom, inscrit à son fronton."

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Point oméga de Don DeLillo

Don de Lillo nous emmènes dans deux mondes étranges, ils se rejoignent par un bout. Des mondes à la fois éloignés et proches.

Dans un premier temps on  retrouve un homme devant la performance artistique  au MOMA de Douglas Gordon qui projette le film Psychose d'Alfred Hitchcock au ralenti, sur une période de 24 heures. L'homme en question appréhende cette expérience à sa manière, voulant voir d'une traite le film, il revient pendant plusieurs jours pour voir se dérouler celui-ci, se plongeant littéralement dans les abîmes du temps. L'espace reste le même mais les mouvements sont ralentis, le temps se contracte et tout ce qui apparaissait dans une continuité se retrouve sous un autre plan, les effets de saisissement ne sont plus, les plans se découpent de manière infinitésimale

De l'autre côté, on retrouve un jeune cinéaste Jim Finley qui veut réaliser un film sur Richard Elster, un universitaire conservateur qui a été invité au gouvernement pendant quelques temps. Jim aimerait faire un film sur lui, sur ce qu'il est ce qu'il a fait. L'homme l'invite à venir dans sa propriété, quelques part aux portes du désert. Sa fille arrivera de manière inopinée quelques jours plus tard, sa mère voulant l'éloigner de New York. Difficile de percer un homme tel que celui-ci, à la verve légendaire, dont la pensée est au-delà des contingences, visionnaire. C'est là-bas qu'il est question du point Oméga.
Mais j'ai quand même un peu de mal à trouver le lien avec la pensée de Theilard de Chardin qui voit dans le point Oméga : "Le « point Oméga » est conçu comme le pôle de convergence de l'évolution. Le « Christ Cosmique » manifeste l'avènement d'une ère d'harmonisation des consciences fondé sur le principe de la « coalescence des centres » : chaque centre, ou conscience individuelle, est amené à entrer en collaboration toujours plus étroite avec les consciences avec lesquelles il communique, celles-ci devenant à terme un tout noosphérique. L'identification non homogénéisante du tout au sujet le percevant entraîne un accroissement de conscience, dont l'Oméga forme en quelque sorte le pôle d'attraction en jeu à l'échelle individuelle autant qu'au plan collectif. La multiplication des centres comme images relatives de l'ensemble des centres harmonisés participe à l'avènement de la résurrection spirituelle ou théophanie du Christ Cosmique."

Et puis c'est la disparition et l'effondrement, la perte de repères, le retour. Cette seconde moitié de première partie rend très bien l'ambiance et les échanges qui ont lieu, les discussions, les non discussions, la chaleur du désert, cette qualité intrinsèque, presque visuelle, cette envie d'aller là-bas, de se perdre dans ces horizons et ce ciel ; s'abandonner à la vie qui passe.

Dernière partie, ou la rencontre, éphémère mais qui changera de beaucoup les données de l'équation.
Rencontre entre l'homme qui regarde depuis maintenant quelques jours et plus la projection de Psychose au MOMA et cette femme, conversation étrange et décalée, elle arrive à le sortir de sa torpeur, de son enfermement par sa manière décalée d'être elle-même.

Une écriture riche et visuelle qui vous donne à réfléchir à la fois sur la perception et sur l'espace qui vous entoure. Beaucoup de perception de soi dans cet étrange roman entre essai et fiction. Les interrogations fusent, sur soi, sur les autres, sur notre condition humaine en ce bas monde et sur la vie qui défile et cet espace qu'est le temps.

Un extrait :

"Il y avait un homme debout contre le mur nord, à peine visible. Les gens entraient par deux ou trois, ils s'immobilisaient dans l'obscurité pour regarder l'écran, et puis ils s'en allaient. Parfois c'est tout juste s'ils franchissaient le seuil, des groupes plus nombreux arrivés là par hasard, des touristes ahuris. Ils regardaient en se balançant d'un pied sur l'autre, et puis ils s'en allaient.

Il n'y avait pas de sièges dans la salle. L'écran sur pied était dressé au milieu, trois mètres sur cinq. C'était un écran transparent, et quelques visiteurs, peu nombreux, prenaient le temps de passer de l'autre côté, où le même film, plan par plan, se déroulait à l'envers. Ils s'attardaient encore un moment et puis ils s'en allaient.

La salle était froide, et seule la lueur grise de l'écran l'éclairait. Près du mur nord, l'obscurité était presque complète, et l'homme qui se tenait là seul leva une main vers son visage, répétant, avec une extrême lenteur, le geste d'un personnage sur l'écran. Quand la porte coulissait pour laisser passer des gens, entrait un furtif éclat de lumière, venu de l'autre salle, où, à quelque distance, se tenaient d'autres groupes en train de regarder les livres d'art et les cartes postales.

Le film passait sans dialogue ni musique, sans bande-son d'aucune sorte. Le gardien de musée se tenait tout près de la porte, et, il arrivait qu'en sortant, les gens le regardent, cherchant à croiser son regard, comme en quête d'une sorte d'une hypothétique compréhension mutuelle susceptible de valider leur effarement. Il y avait d'autres salles, des étages entiers, nul besoin de s'éterniser dans une pièce hermétique où ce qui se passait, quoi que ce fût, prenait, à se passer, un temps infini.

L'homme près du mur regardait l'écran, et puis il commença à longer le mur adjacent jusqu'à se trouver de l'autre côté de l'écran, de manière à voir la même action en image inversée. Il regarda la main d'Anthony Perkins se tendre vers la portière d'une voiture, la main droite. Il savait qu'Anthony Perkins utiliserait sa main droite de ce côté-ci et sa main gauche de l'autre côté. Il le savait mais il avait besoin de le voir et il se déplaça le long du mur dans la pénombre avant de s'écarter de quelques mètres pour regarder Anthony Perkins de ce côté-là de l'écran, au verso, Anthony Perkins qui utilisait sa main gauche, la mauvaise main, pour ouvrir la portière de la voiture.

Mais pouvait-il qualifier de mauvaise la main gauche ? Car en quoi ce côté-ci de l'écran eût-il été, en quelque façon, moins véridique que l'autre côté ? "

Deux vidéos : la première un extrait au ralenti de psychose; la seconde, à l'envers du bouquin et du propos, Psychose en 24 secondes.....

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Le Monde de Narnia : L'Odyssée du passeur d'aurore (4,5/10)

Très décevant ce dernier opus.

Autant la magie opérait pour le premier, moins pour le second mais là on en arrive à une approche plus commerciale, le rêve n'est plus et si les enfants accrocheront encore un peu ce n'est pas le cas, loin de là des adultes qui y verront une pale de copie, entre héroic fantasy et film d'action/d'aventure sans réel intérêt que cela soit dans la forme ou dans le propos.

A éviter donc

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Les naufragés du fol espoir par le Théâtre du soleil

Il est difficile de se prononcer sur la beauté, celle de l'Art au sens le plus pur qui soit. C'est un de ces moments rares que nous a offert hier Ariane Mnouchkine et la troupe du théâtre du soleil.

Création collective mi-écrite par hélène Cixous librement inspirée d'un roman posthume de Jules Verne (En Magellanie (1897), publié en 1909 sous le titre Les Naufragés du « Jonathan » et en 1987 dans sa version d'origine) sur la musique de Jean-jacques Lemêtre.Tout est assez sublime dans cette représentation qui donne à cet art une autre dimension. En effet, le rendez-vous auquel vous convie la troupe est multiple. Dans un premier temps les comédiens (environ 34) vous attendent en salle pour vous servir pour ensuite vous laisser avoir un accès visuel et par le haut à leurs loges et voir ces instants magiques dans lesquels les acteurs se transcendent pour devenir autre, un être total et sans concession dévoué à son art ultime. La représentation peut alors débuter, une grande scène ou va virevolter au gré des scènes et elles sont nombreuses une multitude de décors à la fois simple et subtils, des accessoires et un rythme effréné pour une représentation de près de 4 heures. Eh oui, cela fait peur, à moi aussi mais c'est sans connaître les ressources inépuisées, inépuisables de ces hommes, femmes qui vont nous régaler durant cet intermède qui se déroulent devant nos yeux ébahis.Et ce qui est également très fort c'est qu'il ne s'agit pas vraiment de théâtre, je m'entends, évidemment c'est du théâtre mais ce qui se passe là, c'est un film : le tournage d'un film muet qui nécessite la mobilisation de tous, des tous les employés de la brasserie qui est en dessous du grenier où se joue successivement les drames de l'histoire. On est à l'heure de l'assassinat de Sarajevo, le 28 juin 1914, à la veille de la première guerre mondiale, tout est là pour que la guerre ne puisse qu'éclater envers et contre tous, contre le socialisme, Jaurès n'y pourra rien lui d'ailleurs qui restera sans vie le 31 juillet 1914. La tension est là, palpable, les gens sont accablés, tristes, désoeuvrés, il faut accélérer pour faire aboutir le film. Le départ pour le Cap Horn est là et la fin inéluctable pendante, l'or corrompt tout absolument. Il faudra l'intervention inopinée d'un homme pour sauver ce qui peut encore l'être mais a quel prix et pour combien de temps. L'Utopie est là qui peut être la solution à ce bout de terre de feu donné, ce bout de terre sans maître que les grands ne se disputent plus, pas encore. Les indiens qui y vivent pourront peut être un jour échapper à leur fin, à cette destruction par la haine ou par la corruption.Le film est comme à l'époque un film muet qui ressemble à si méprendre au tournage d'un véritable film, il ne manque plus que les dialogues... Eh bien figurez-vous qu'ils sont eux aussi présent à la manière d'alors, de petits encarts avec le texte écrit, celui que connaît l'acteur et qu'il mime, il n'y avait pas encore de synchronisation du son. L'effet est saisissant, peu de dialogues entre les acteurs, cela se réduit au final au minimum et de l'écrit sous forme de monologue, de phrase dont l'ensemble forme un tout indivisible, compact et dense. Le temps est ponctué de la lecture des grands titres de la presse par une voix off et cette musique qui vous suit de partout et qui donne de la vie aux scènes que vous voyez. La troupe y met tout son art et son énergie, chaque scène étant mimée et chaque acteur u presque accompagné d'un autre pour donner plus de vie à ces scènes "filmées" dans lesquelles vous êtes littéralement projetées et vous vous retrouvez une fois dans le grand nord au prise avec une tempête de neige, de l'autre à une scène de chasse avec des chasseurs de primes, l'amour qui fait irruption sur scène, l'amitié aussi et la beauté du vent et de l'oiseau ainsi que de Félix et sa danse, sa gigue interminable ou encore cette dernière scène final, ce radeau de la méduse qui lutte pour cet idéal perdu, cet espoir fol qui jamais ne sera atteint... la folie des hommes est décidément la plus forte.Partez à la découverte des tribuns, de la naissance de la démocratie, on entend la volonté générale chère à Rousseau qui raisonne et on ne peut s'empêcher de revivre des moments de pure liberté dans lesquels loin des lois du marketing, des médias et autres instances on essayait de construire un monde de principes, un monde d'idéal et d'Idées.Voilà quelques unes des bribes que vous aurez la joie de vivre et encore ce n'est rien

Hélène Cixous d'indiquer : "[...] et si nous y allions ? si nous cherchions la lune sur la terre ? de quoi aurait-elle l'air ? elle serait blanche, brillante et vierge. Ce serait une i?le. imaginons. on pourrait y tracer le mode?le de l'humanite? future. on dessinerait la de?mocratie ide?ale trois mille ans apre?s eschyle. Jaure?s a bien dit dans son premier e?ditorial du 18 avril 1904 que "l'humanite? n'existe pas encore, ou bien elle existe a? peine..." il voulait parler de l'humanite? humaine, naturellement, l'humanite? humaniste, l'humanite?-e?galite?, justice, partage. L'humanite? ! "L'humanite? n'existe pas encore" mais elle viendra. elle vient. oh ! oui c'est le sie?cle de l'humanite? qui vient, se dit-on. et elle s'annonce moderne, dynamique. L'air est mythologique. Les e?tres humains sont prolonge?s, agrandis, e?tendus, porte?s au-dela? de leurs pe?rime?tres. ils aspirent. et Jaure?s a dit : ou elle existe "a? peine". eh bien, si cet "a? peine", c'e?tait nous. on prendrait la peine de la faire nai?tre a? peine, un peu, modestement, ide?alement, sce?ne par sce?ne. [...] Jusqu'ou? irons-nous ?! plus loin que l'inde, plus loin que le Chili et l'argentine ! aujourd'hui, nous sommes le 29 Juin 1914. Qu'est-ce qui pourrait nous arre?ter ?"

Cela se joue encore jusqu'au 9 janvier à la Cartoucherie de Vincennes, avis aux amateurs......... puis encore un peu à Lyon jusque fin février 2011Le théâtre du soleil

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